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 coupe de ville (alva)

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Raj Karamé
MESSAGES : 50

MessageSujet: coupe de ville (alva)   Dim 28 Juin - 21:11


COUPE DE VILLE
ambiance musicale

Dans un rue passante de Berlin, des cris font hurler le silence tandis que la lune se dandine dans son cocon obscur. Des corps se percutent, des poings se frayent des chemins jusqu’à des os à briser, des vêtements se déchirent et même parfois, le sang coule sur le bitume comme s’il tentait de pénétrer les enfers. Certains avaient même sorti de sous leurs sweats souillés des canifs et des matraques. La scène était effrayante, tout droit sortie d’un film d’auteur sur la vie des classes populaires, pour les mortels lambdas et pourtant tellement courante dans la capitale. Elle avait été témoin de tellement de cicatrices.
Il n’avait pas fallu longtemps à Raja pour le repérer parmi les brigands. Son t-shirt à 300€ semblait dire à qui voulait bien l’écouter qu’il aimerait beaucoup se faire lacérer par une main vengeresse. Ses coups sonnaient faux, sa gueule de blanc-bec jurait à la situation et on sentait que ses entrailles se serraient comme un étaux à chaque fois qu’un mec lui portait un peu trop d’intérêt. Ne pas saisir l’occasion aurait été un réel gâchis, il avait enfin un prétexte valable pour s’en prendre à lui, le fracturer, le blesser physiquement pour ce qu’il avait fait à son âme. En avançant furtivement à travers les corps mouvants en slow motion, il ne pensa à rien d’autre qu’à l’acte qu’il allait commettre, pas même ses conséquences ne lui effleurèrent l’esprit. C’était peut-être mieux comme ça.
La première mandale au milieu de son gros visage arien parcouru le corps de Raja comme un écho, il l’électrisa des pieds à la tête et il sentit sous sa peau l’endorphine se disperser. Un deuxième pain le fit chanceler puis tomber à terre presque gracieusement. La haine du libanais était sans vergogne, il défoulait avec ardeur un trop plein accumulé depuis quelques semaines, il se sentait vivant, il avait envie d’hurler à la vie pendant que ses nike s’écrasaient sur sa poitrine et ses membres presque hors d'usage. Il aurait pu continuer de la sorte durant des heures si un de ses collègues n’avait pas attrapé son épaule en hurlant. Y’a les shtars mon pote!! On se casse!! Et comme des lapins, toutes les crapules se dispersèrent dans la mégalopole en galopant.
Tout avait commencé le plus banalement du monde, une nuit d’ivresse, des âmes échauffés, des regards en coin, un haussement de sourcil, une insulte et la mise en place rapide d’un combat manichéen où seule la dignité et le respect étaient à gagner.

quelques heures plus tard
Raj avait eu le temps de rincer dans le lavabo de la salle de bain son t-shirt blanc encrassé par l’hémoglobine, de faire réchauffer le kebbeh que Nanma lui avait donné plus tôt dans l’après-midi alors qu’il s’apprêtait à sortir du F3 de Sansibarstrasse. Il avait même pu se rouler une grosse batte et se poser devant un épisode daté de Lost dont il n’avait compris que la moitié tant ses idées étaient embourbées par ce qu’il s’était passé plus tôt dans la soirée. Il n’avait même pas tenté de trouver le sommeil car sa recherche aurait été vaine. Il n’y avait que ses pensés et lui à ce moment.
À 5h35, alors que le soleil était presque totalement éveillé sur le beau Berlin, des coups bourrins et répétitifs furent donnés à la porte de l’appartement de Raj. Vacillant sur ses jambes endormies, dans un simple jogging en coton, il se traina jusqu’à l’entrée. Avant même d’ouvrir il savait qui allait se présenter, il savait qu’il allait s’en prendre plein la gueule, au sens propre du terme sûrement, il savait qu’il allait passer un mauvais moment et il n’avait même pas préparé sa défense. Pourtant il le savait depuis le début que cette situation allait s'offrir à lui. Lorsqu’il défit le verrou, la porte s’ouvrit à la volée, dévoilant Alva, les traits tirés par la rage, la haine, le dégout et tout un tas de trucs incompréhensibles. Il eut juste le temps de penser qu’il ne l’avait jamais vu comme ça que le poing de la sauvage lui atterrit au milieu du visage dans un bruit d’os cassé.    

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RADIO BYBLOS.


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Alva Serrano
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MessageSujet: Re: coupe de ville (alva)   Jeu 2 Juil - 3:33

Il est  quatre heures trente sept. Ses pieds trainent sur le goudron berlinois. Elle descend les marches, sans réfléchir. Elle n'en a plus besoin. Les écouteurs fourrés dans ses oreilles l'empêchent de fermer les yeux trop longtemps. Elle reste debout, elle tient son sac à main à deux mains comme s'il contenait un trésor. Elle est juste méfiante, elle ne compte plus le nombre de fois ou elle a du utiliser sa bombe lacrymo. Mais aujourd'hui elle est fatiguée, elle n'a pas envie de l'utiliser. Pas spécialement. Le métro arrive à quai, elle s'engouffre dedans comme les quelques autres personnes qui l'attendaient. La même routine, le même chemin; Alva elle voudrait bien varier mais elle ne peut pas. A cette heure-ci, alors que la ville reprend vie, elle a pas trop le choix. Elle fait avec les moyens du bord. Puis il semblerait que les chauffeurs de bus évitent son quartier ses derniers temps, ils  n’y seraient pas très bien accueillis d’après les journalistes. Étonnant, elle elle leur dit toujours bonjour en montant. Elie aussi.
Alva elle soupira en se frottant les yeux. Elle a sommeil. Le café qu’elle a pris lui tord l’estomac ; c’est la seule chose qu’elle a avalé de la journée. Des fois elle a l’impression d’être un robot. Elle fait ce qu’on lui demande sans même plus poser de questions. Elle ne vit plus ; elle survit. Alors machinalement elle descend de la rame pile au bon moment, au premier tintement de l’alarme pour éviter les suiveurs intempestifs et elle sort juste devant la bonne bouche de métro située derrière l’arrêt de son bus. Il est déjà là, comme à son habitude. Elle salue le chauffeur qui a son thermos entre les mains. Lui aussi vient de se lever. Mais elle ne le connaît pas, c’est pas Mohammed. Alors son bonjour est froid. Elle ne rêve que de ses draps frais, du corps d’Oskar qui l’attend et de ses bras qui l’entoureront. Non, ceux de Raj. Elle ne sait plus. Elle passe une main sur son visage en espérant que le sommeil s’en aille avec ces idées loufoques. Elle grimpe les marches une à une, elles sont pénibles. Ses genoux sont fatigués, elle les entend presque grincer. Elle a l’impression d’avoir quarante ans de plus dans les jambes. Elle toque doucement pour ne pas réveiller Elie, elle sait que lui ne dort pas et qu’il viendra ouvrir. Il aura encore son air concerné et déçu. Il lui demandera encore pourquoi elle ne veut pas s’installer avec lui. Elle aurait moins de souci. Il lui soufflerait son haleine tiède dans le cou en l’embrassant sur sa carotide. Puis il la regarderait sortir de la douche, se changer et se glisser à coté de lui. Il la regarderait dormir en lui caressant les cheveux. Puis quand elle se réveillera, il sera déjà parti.
La réalité est toute autre. Le visage violacé, gonflé et sanguinolent Oskar lui ouvre bien la porte. Mais son sourire ressemble plus à une grimace qu’autre chose. Il la rassure, Elie ne l’a pas vu dans cet état. Puis quand elle veut lui demander qui, il anticipe et hausse les épaules en déposant sa poche de glace sur sa pommette. « A ton avis. » Ses poings se serrent. Elle a envie de pleurer de rage. Elle fait demi-tour alors qu’il lui crie de rester. Mais elle ne l’entend plus. Elle ne voit plus. Ses yeux embués ne lui servent même plus à voir, elle n’en a même pas besoin. Puis elle se retrouve là, devant lui et son air surpris. Elle veut lui faire payer. Lui faire payer ces chamboulements qu’il cause. Il envoie tout valser sur son passage sans se soucier des conséquences ; il n’a pas le droit. Elle respire bruyamment, elle ignore la douleur qu’elle a dans ses phalanges et le frappe encore et encore, avec ses mains, ses bras, ses coudes, ses genoux. Autant qu’elle peut, aussi fort que possible. Puis quand elle en peut plus, quand elle s’est vidée, elle s’effondre par terre et s’autorise enfin à pleurer.  "Je te hais." Qu'elle murmure les dents serrées, se relevant pour l'affronter. Ses poings frappent son torse encore et encore, elle y met toutes ses dernières forces, mais il ne flanche même pas. Alva elle est fatiguée de tout ça, elle répète ses trois mots les yeux brouillés par les larmes comme pour s'en convaincre. Parce que non, elle n'arrive pas à le détester. Elle adorerait pourtant.
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Raj Karamé
MESSAGES : 50

MessageSujet: Re: coupe de ville (alva)   Jeu 2 Juil - 23:21

La vie avait toujours pris un plaisir sadique à punir les pêcheurs. Un peu à l’image de la loi du Thalion, elle te rendait le mal que tu avais fait de la même façon ou pire. Chaque acte délibéré était certain d’être suivi par le coup de bâton fatidique. La tempête prenait son temps ou non, tout dépendait de son humeur, mais elle venait toujours à point. Dans sa ligne de vie, Raj essayait de commettre le moins d'injustice possible, lorsqu’il s’apprêtait à commettre quelque chose de mauvais, il réfléchissait et se disait "Qu’est-ce que la vie va me mettre dans la gueule si je fais ça?". Chaque acte avait sa conséquence. Il l’avait trop souvent compris.
C’est pourquoi il se trouvait là, dans son appartement trop petit dont les murs gardaient sur eux la trace d’un vécu qui ne lui appartenait pas, le nez en sang, sûrement fracturé par ce coup bien porté. Gémissant de douleur tout en essayant de canaliser une Alva en furie, se délestant de sa haine intérieure sur ce corps qui avait trop souvent connu les coups. Raj se laissait faire car il savait qu’il avait merdé, même si sur le papier, il avait trouvé son acte tellement jouissif. Il regardait Alva s’évertuer avec ses poings. Il ne savait pas si elle voulait réellement lui faire du mal ou si c’était seulement pour lui montrer à quel point elle était en colère contre lui. Et puis elle s’effondre à terre pour lâcher dans un murmure un "je te hais". Il aurait bien voulu la prendre dans ses bras et tenter de la calmer, mais il était persuadé qu’elle l’insulterait et lui dirait d’aller se faire foutre. Alors il lâche des petits "Alva calme toi... Je suis désolée... Ava steuplais..." Elle se relève, le roue une nouvelle fois de ses coups et finit comme un geste spectaculaire par une nouvelle mandale dans le nez. Il hurle, la douleur le transperce des pieds à la tête. ALVA PUTAIN DE MERDE. Un sang immaculé, presque cristallin vient tâcher le plancher par une coulée régulière. Il gémit encore, il n’est plus préoccupé par Alva mais par son nez qui le fait souffrir le martyr. C’est bien mérité, ça ne sera que peu trop répété. Pourquoi avait-il pu penser qu’il aurait pu interférer dans la vie de cette fille? Sous prétexte qu’il l’a à demi "possédé" quelques années plus tôt, qu’il lui a fait un enfant, qu’elle a élevé la chair de sa chair, parce qu’il aimait sa façon d’être, sa beauté insolente, ses manières de chat sauvage. Sûrement. Parce oui, Raj il était dingue d’Alva. Il s’en était rendu compte, il en était convaincu, depuis la fois, chez cette pute du quartier bourge, où il avait sous-entendu des choses qui ne devaient pas être dites et qu’elle s’était enfui. Qu’elle avait disparu, qu’elle s’était évanoui. Il avait passé ses semaines sans nouvelles d’elle a ressasser le passé, à l’imaginer dans les bras secs de son amant régulier la boule au ventre et cette même haine tapie dans le fond de son estomac qui grandissait de jour en jour. Tyron lui avait dit entre deux bouffées de cigarette de sa main dandesque "Mon pote, t’es foutu. C’est mort pour toi. Elle t’a BAI-SÉ." Ce soir la haine s’était évanouie. Ce soir il était juste désemparé.
Sur le canapé il attrape un vieux short en coton qu’il presse contre son nez avant de s’assoir. La douleur lui comprime le cerveau et sa tête tourne. Le sang continue de couler sans coaguler. Putain.. Il ose un regard vers elle, ses yeux sont embués de larme, ses joues son rosies, elle le contemple hébétée. La situation est tout simplement absurde, ils s’en ont tous les deux rendu compte. Je sais pas pourquoi je réagis comme ça Alva. Je sais pas. Fin.. Tu me rends dingue Alva... C’est tout.  

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RADIO BYBLOS.


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Alva Serrano
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MessageSujet: Re: coupe de ville (alva)   Ven 3 Juil - 1:16

"Tu me rends dingue Alva... C'est tout." Elle le regarde de ses grands yeux bleus  gris complètement à l'ouest. Elle ne peut pas y croire, elle ne veut pas y croire. Rien de tout ça n'est réel. Mais ses mains qui lui font souffrir le martyr sont là pour la ramener à la raison. Elle sert ses poings, enfonce ses ongles dans sa chair. Elle est là debout postée devant Raj alors qu'il est installé sur ce canapé. Ledit canapé où elle s'était donnée pour la première fois à un homme. A lui. Un frisson lui parcourt l'échine, elle se rend compte que ses mains tremblent. Elles sont rougies et ne lui répondent plus. Alva elle ne pense pas non plus quand elle essuie ses larmes et court presque à la cuisine. Tout ça c'est surréaliste. Elle vient de frapper Raj. Raj, son Raj. Le père de son propre fils. Pour un autre qu'elle ne connaît pas aussi bien qu'elle aimerait. Alors elle ne pense pas quand elle mouille un torchon avec de l'eau et qu'elle retourne au salon.
Elle est là, assise à côté de lui. Elle lui a enlevé son bout de tissu tâché de rouge, et à la place elle tapote gentiment le torchon humide sur son visage et la source de ses maux. Elle est concentrée sur sa tâche, obnubilée. Elle en oublierait presque que c'est à cause de lui qu'il est dans cet état. "Arrête Raj. C'est pas moi qui te rend dingue, c'est juste le fait que je sois plus à ta disposition. Je sais ce que tu veux vraiment. Tu veux être le seul à m'avoir, le seul à pouvoir me baiser et pas un autre. Comme le bon vieux macho que t'es. Mais ça te passera. Parce que comme d'hab, tu en trouveras une qui me remplacera pour quelques temps." Elle marque une pause, elle soupire. Son ton est neutre. Sa voix est cassée, brisée. Comme une vitrine de ce qu'elle est à l'intérieur. Elle n'a plus la force de l'insulter ou de le haïr. Elle n'en ressent même pas le besoin. Tout ce qu'elle veut, c'est qu'il arrête de la prendre pour une idiote. Tout est chamboulé. Ses pensées s'amusent à la faire tourner sur elle-même indéfiniment. Mais une chose dont elle est sûre ; ce qu'il raconte est faux. Parce qu'un gars comme lui ne peut pas s'enticher d'une fille comme elle. C'est comme ça. "Tu peux pas venir foutre le bordel dans ma vie à cause d'un caprice ou juste parce que ton égo en prend un coup." Elle s'arrête de parler, elle retire le torchon. Elle le contemple en silence. Étrangement, elle est calme. Il doit la prendre pour un pure schizophrène. Mais sa vraie maladie, sa faiblesse, c'est lui et lui seul. Mais sans doute qu'elle ne le lui avouera jamais. Parce que choisir Oskar, c'est aussi se rassurer. Elle se laisse porter par ses jolis mots. Sourit à ses compliments. Il lui donne l'impression d'avoir de la valeur. "Tu sais... Tu m'aurais dit ça y'a trois ans je t'aurais cru. Je t'aurais sauté dessus et on aurait fait l'amour. Mais je suis plus la même." Elle lui a doucement murmuré ses pensées les plus enfouies. Elle allait sûrement le regretter d'ailleurs. Mais il est impossible de ravaler ses mots. "Faut qu'on aille à l'hôpital." Parce que bon, vu son nez et la douleur qu'elle ressentait dans sa main il devait être dans un piteux état.
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